[112]: Un auteur assure qu'au commencement du siége, Madame de Bourgogne, se faisant scrupule d'une vengeance si cruelle, vint elle-même intercéder. Mais l'épée était tirée, ce n'était plus une affaire de femme. On ne l'écouta pas. Je ne puis retrouver la source où j'ai puisé ce fait.
[113]: Le moine Adrien se tait sur ce point, sans doute par respect pour le duc de Bourgogne, oncle de son évêque. Jean de Hénin (à la suite de Barante, éd. Reiffenberg) dit effrontément: «Je ne sçay que à sang froid on aye tuée nelluy.» Mais Commines (édit. de mademoiselle Dupont, liv. II, ch. I, t. I, p. 117), Commines, témoin oculaire et peu favorable aux gens de Dinant, dit expressément: «Jusques à huict cens noyés, devant Bouvynes, à la grand requeste de ceulx dudict Bouvynes.» Je trouve aussi dans un manuscrit: «Environ huict cens noyés en la rivière de Meuse.» L'auteur ne s'en tient pas là; il prétend que le comte «mit à mort femmes et enfants.» Bibliothèque de Liége. Continuateur de Jean de Stavelot, ms. 183, ann. 1466.
[114]: Jacques Du Clerc tâche d'obscurcir la chose pour lui donner quelque ressemblance avec la ruine de Jérusalem, et faire croire que: «Ce estoit le plaisir de Dieu qu'elle fust destruite.»
[115]: Une partie des hommes passa en Flandre, à Middelbourg, d'autres en Angleterre; il semble que le duc ait fait cadeau de cette colonie à son ami Édouard. On transplanta les hommes, mais non l'art, selon toute apparence; les artistes devinrent des ouvriers; du moins on n'a jamais parlé de la batterie de Middelbourg ni de Londres.—Les Dinantais, à peine à Londres, prirent contre Édouard le parti de Warwick, qui était le parti français, dans leur incurable attachement pour le pays qui les avait si peu protégés! (Lettres patentes d'Édouard IV, février 1470).
[116]: Je me trompe; Jean de Hénin trouve que: «La ville de Dynant fust plus doucement traictée qu'elle n'avoit desservy.»—J'ai rencontré aussi les vers suivants, sotte et barbare plaisanterie des vainqueurs, que je ne rapporte que pour faire connaître le goût du temps: «Dynant, ou soupant, Le temps est venu Que le tant et quant Que t'as, mis avant Souvent et menu, Te sera rendu, Dynant, ou soupant.» Bibliothèque de Bourgogne, ms., no 11033.
[117]: «Les femmes mesmes quy y alloient pour trouver leurs maisons ne sçavoient cognoistre... Tellement y feut besoigné que, quatre jours après le feu prins, ceux qui regardoient la place où la ville avoit esté pooient dire: Cy feut Dynant!» Du Clercq, liv. V, ch. LX-LXI. En 1472, le duc autorisa la reconstruction de l'église de Notre-Dame au lieu appelé Dinant. Gachard, Analectes Belgique, p. 318-320.
[118]: «Non inveni in toto Dyonanto nisi altare S. Laurentii integrum, et valde pulchram imaginem B. V. Mariæ in porticu ecclesiæ suæ, etc.» Adrianus de Veteri Bosco, ap. Martène, IV, 1296.
[119]: «Unes patrenostres de gaiet, où il a des patrenostres d'argent entre deux... Une paire de gans d'espousée... un boutoir à mettre espingles de femmes...»—Puis il passe à autre chose: «Item un millier de fer... Item un millier de plomb.» Recepte des biens trouvez en ladite plaiche de Dinant. Documents Gachard, II, 381.
[120]: «Et à cause d'icelle destruction, devindrent les pauvres habitants d'icelle mendiants, et aucunes jeunes femmes et filles abandonnées à tout vice et pesché, pour avoir leur vie.» Jean de Troyes.
[121]: «Ceste nuict estoit l'ost des Bourguignons en grant trouble et double... Aulcuns d'eulx eurent envie de nous assaillir; et mon adviz est qu'ils en eussent eu du meilleur.» Commines.