L'affaire fut habilement brusquée par Marguerite dans une courte négociation avec la mère du roi (7 juillet—5 août 1529). Cette promptitude assomma l'Italie; elle fortifia l'Autriche dans sa grande lutte; elle dut décourager les Turcs, et peut-être plus qu'aucune chose les fit échouer devant Vienne (14 octobre 1529).
L'œuvre de honte fut faite en grand mystère, et n'eut que deux agents. Il fallait tromper les plus clairvoyants des hommes, les Italiens, qui étaient là, tremblants, tâchant de deviner leur sort. Les dames se logèrent à Cambrai, dans deux maisons voisines dont on perça le mur pour qu'elles pussent se voir à toute heure sans rencontrer d'œil indiscret.
Les impériaux n'espéraient pas un tel traité. Ils purent à peine y croire. Un d'eux écrit à Granvelle: «Les conditions nous sont si avantageuses, que plusieurs doutent qu'il n'y ait tromperie.» (Granv., I, 693.)
Le traité était tel: La France gardait la Bourgogne, mais elle s'anéantissait moralement en Europe, abandonnant ses alliés et s'engageant même à agir contre eux.
Le roi, qui n'avait pas trouvé d'argent pour la guerre, en trouvait pour son ennemi. On lui rendait ses enfants pour la somme de deux millions d'écus d'or (soixante-huit millions d'aujourd'hui).
Il ne se mêlait plus de l'Italie ni de l'Allemagne. Il ne stipulait rien pour l'Angleterre, son alliée.
Il menaçait les luthériens et Soliman, «le traité n'étant fait qu'en considération des progrès du Turc et des troubles schismatiques qui pullulent par la tolérance.» (Nég. Autrich., II. 681.)
Il disait à l'Italie l'adieu définitif, non plus une simple parole de renonciation pour Naples et pour Milan. Il en rendait la clef, les places que jamais on n'avait lâchées. Barlette en Pouille, Asti, patrimoine de sa maison.
Loin de rien stipuler pour Florence et Venise, il promettait que l'une se soumettrait avant quatre mois, et que l'autre rendrait les places qu'elle avait depuis soixante ans dans la Pouille. Il prêtait sa marine, et donnait cent mille écus à l'Empereur «pour le passage d'Italie.»
Pas un mot pour Sforza ni pour les barons de Naples, récemment compromis pour nous. Les Espagnols furent implacables pour ces Napolitains. Ils les ruinèrent, les décapitèrent, coupant cette fois pour toujours et déracinant le vieux parti d'Anjou.