[12]: Je ne suis pas de ceux qui aiment à attribuer les grands effets aux petites causes. Personne ne sent plus que moi la vigoureuse spontanéité des commencements de l'Église d'Angleterre, que M. Merle d'Aubigné a mis dans une si belle lumière d'après les contemporains. Il faudrait cependant ignorer l'énorme influence de la Couronne sous les Tudor pour ne pas sentir que l'exemple d'Henri VIII dut décupler la force du mouvement commencé. Peu le suivirent dans sa doctrine, tous dans sa séparation de Rome. Ce dernier point fut l'essentiel. Je n'hésite pas, plus loin, à l'appeler un roi protestant. La série des portraits d'Henri VIII est infiniment curieuse à étudier. Tout le monde connaît celui d'Holbein. Nos Archives en possèdent un très-soigné et très-bon en tête du traité de 1546. Il est placé assez bizarrement entre deux cariatides demi-nues, jolies et indécentes. Le sceau, d'or massif, et d'un fort relief, est d'un travail allemand (armoire de fer). Trésor des Chartes, J. 661 pièce 23.
[13]: Mis à mort en 1527, à l'époque où l'on rechercha les traitants. Le Bourgeois de Paris (publié par M. Lalanne en 1854) croit qu'il n'était pas innocent. Entre autres récits de sa mort, j'en ai lu un remarquable dans une petite Histoire inédite de François Ier (de 1615 à 1530), généralement assez judicieuse. Ms. de la Bibliothèque de Turin, petit in-folio d'environ 200 pages.
[14]: Publiée par M. Génin, en tête de la seconde partie des lettres. Le savant éditeur, qui avait d'abord préféré une autre interprétation, la modifie sur l'exposé des faits. Il nous écrit que la nôtre lui semble bien plus admissible. Nous aurions hésité à l'adopter si nous n'avions pour nous l'avis définitif du pénétrant critique.—La profondeur et l'innocence du sentiment de Marguerite sont singulièrement marquées dans les vers pathétiques qu'elle adresse, pendant la captivité de son frère, à un enfant, sa nièce, fille du roi, qui venait de mourir à huit ans. (Voir Captivité de François Ier.)
[15]: Les documents officiels (Le Glay, Weiss, Lanz, etc.) donnèrent peu ou rien, sauf la minute informe du traité de Bourbon avec l'empereur (dans les papiers de Granvelle). Heureusement toutes les dates et le beau récit de la page 147 nous sont fournis par Turner, d'après les Mss. anglais.—Un fait très-grave et inconnu se trouve dans une pièce inédite de nos Archives. C'est qu'au moment où Bourbon quitta si brusquement le roi et fut suivi des nobles, le Grand Conseil frappa un coup sur la noblesse en condamnant à mort Charles de Caesmes, seigneur de Lucé, et ses adhérents, pour rapt et inceste commis en la personne de Gabrielle d'Harcourt. Archives, J. 903, arrêt du 17 mars 1523.
[16]: C'est probablement à cette époque que se rapporte le bruit qu'on avait répandu et auquel il fait allusion plus tard: «Pour autant que j'ay entendu qu'il y en a de si méchants qui ont osé semer cette parole que je voulois faire les gentilshommes taillables.» Archives de Turin, Discours de François Ier, septembre 1529. Cette collection immense contient vingt-huit volumes in-folio de pièces pour le seul règne de François Ier (copies du XVIIe siècle.)
[17]: Ce dernier mot est inexact; il n'y a que trois pages (in-4o) de lettres du roi à Diane et dix pages de Diane au roi, d'après des originaux entièrement autographes (217). Il est évident que ces lettres sont bien adressées à François Ier et avant 1531, avant la mort du mari de Diane. Ce sont celles d'une femme inquiète, surveillée, mal reçue des parents du mari au retour des voyages qu'elle faisait à la cour. Elle dit expressément: «Mon mari (223).» Il y a un mot qui fait comprendre que François Ier enrichissait Brézé pour lui faire avaler la chose: «Si vous plaît faire entendre à mon beau-père et belle-mère que vous n'avez fait ce bien à leur fils que pour cette raison (222).» Ceci rend tout à fait vraisemblable l'authenticité des vers trouvés par M. Esmangart sur un rouleau de plomb à Gentilly:
En ce doux lien, le roi François premier
Trouve toujours jouissance nouvelle.
Qu'il est heureux!... Car ce lieu lui recèle
Fleur de beauté, Diane de Poitiers.
Dans le recueil où nous trouvons les lettres de Diane (Poésies et Correspondance intime de François Ier, éd. A. Champollion), je trouve une lettre bien tragique sous le nom, supposé peut-être, de madame de Bonnivet (serait-ce madame de Châteaubriant?): «Sire, vous estes délibéré à me laisser mourir? Ne savez-vous que les deux en prison use de poison, et mes enfants et moy ne mangeons autre chose. C'est pour l'amour de vous que l'on me fait tant de mal, et vous l'endurez!... De Crèvecœur, 7 janvier.»
[18]: Les Archives du Vatican ne sont pas sans intérêt pour cette époque. C'est à ce moment où le pape voulait tromper les deux partis qu'il envoie au jeune empereur ce conteur libertin de Balthazar Castiglione, 20 novembre 1524. Après Pavie, éperdu de peur, il demande passage au général impérial pour ses agents (qui vont armer l'Angleterre contre l'empereur). Extraits des actes et lettres du Vatican, Archives, carton L, 379.
[19]: J'omets ici beaucoup de circonstances accessoires, entre autres la fuite d'Alençon avec l'arrière-garde. Il eut le malheur d'arriver le premier de tous les fuyards de Lyon; il fut accablé de reproches par sa femme et sa belle-mère, mourut de chagrin ou de fatigue.—La balle d'or est dans D. Juan Antonio de Vera. Vie de Charles-Quint.