Cela de très-bonne heure, quatre ou cinq ans après Luther, vers 1522, et bien avant l'école de résistance que Genève organisera.

C'est tout le sens de ce volume. La Renaissance, trahie par le hasard des mobilités de la France, qui tourne au vent des volontés légères, des caprices d'un malade, périrait à coup sûr, et le monde tomberait au grand filet des pêcheurs d'hommes, sans cette contraction suprême de la Réforme sur le roc de Genève par l'âpre génie de Calvin.

Paris, 21 juin 1855.

NOTE DE LA MÉTHODE

Un événement fort grave est arrivé récemment dans le monde scientifique: il faut bien qu'on se l'avoue.

L'histoire de France est écroulée.

Je veux dire l'histoire doctrinaire, l'histoire quasi officielle dont notre temps a vécu sur la foi de certaine école. Une main forte et hardie a enlevé au système la base où il reposait.

C'était un axiome partout écrit, enseigné, professé dogmatiquement et docilement accepté, transmis du plus haut au bas, de la Sorbonne aux colléges, aux moindres écoles, que «quatorze cents ans de despotisme avaient fondé la liberté.»

D'où suivait que celle-ci devait, non pas amnistier, mais honorer le despotisme. Père et mère honoreras.

L'école historique née de 1815 nous enseignait que nos défaites furent toutes des degrés heureux de cette initiation. Toutes les victoires de la force se trouvaient légitimées. La philosophie faisait plus. Elle proclamait sa formule: «La victoire est sainte, le succès est saint.»