[239]: Carpentier, Suppl. au Gloss. de Ducange: «In Hybernia lac adhibitum fuisse ad baptizandos divitum filios, qui domi baptizabantur, testis est Bened. abbas Petroburg.» T. I, p. 30. (On plongeait trois fois les enfants dans de l'eau, ou dans du lait si les parents étaient riches; le concile de Cashel (1171) ordonna de baptiser à l'église.)—Ex Concil. Neocesariensi, in vet. Pœnitentiali, discimus infantem posse baptizari inclusum in utero materno, cujus hæc sunt verba: «Prægnans mulier baptizetur, et postea infans.»—On voyait souvent en Irlande des évêques mariés. O'Halloran, t. III.—Au IXe siècle, les Bretons se rapprochaient par la liturgie et la discipline de l'Église bretonne anglaise. Louis le Débonnaire, remarquant que les religieux de l'abbaye de Landévenec portaient la tonsure dans la forme usitée chez les Bretons insulaires, leur ordonna de se conformer en cela, comme en tout, aux décisions de l'Église de Rome. D. Lobineau, preuves II, 26.—D. Morice, preuves I, 228.
[240]: Britannia, fertilis provincia tyrannorum. (Saint Jérôme.)
[241]: Saint Loup naquit à Toul, épousa la sœur de saint Hilaire, évêque d'Arles, fut moine à Lérins, puis évêque de Troyes.—Saint Germain, né à Auxerre, fut d'abord duc des troupes de la marche Armorique et Nervicane. De retour à Auxerre, il se livrait tout entier à la chasse, et élevait des trophées en mémoire des succès qu'il y obtenait. Saint Amator, évêque de la ville, l'en chassa, puis le convertit et l'ordonna prêtre malgré lui. Il eut pour disciples sainte Geneviève et saint Patrice. Saint Germain et saint Martin, le chasseur et le soldat, étaient les deux saints les plus populaires de la France. Mais saint Hubert succéda à saint Germain dans le patronage des chasseurs.
[242]: Saint Colomban explique lui-même le rapport mystique de son nom avec les mots jona, barjona, qui signifient colombe dans les livres saints.
[243]: Nous avons son éloquente réponse à un concile assemblé contre lui.—Biblioth. max Patrum, III, Epist. 2, ad Patres cujusdam gallicanæ super quæstiones paschæ congregatæ: «Unum deposco a vestra sanctitate ut... quia hujus diversitatis author non sim, ac pro Christo salvatore, communi domino ac Deo, in has terras peregrinus processerim, deprecor vos per communem dominum qui judicaturum... ut mihi liceat cum vestra pace et charitate in his sylvis silere et vivere juxta ossa nostrorum fratrum decem et septem defunctorum, sicut usque nunc licuit nobis inter vos vixisse duodecim annis... Capiat nos simul, oro, Gallia, quos capiet regnum cœlorum, si boni simus meriti... Confiteor conscientiæ meæ secreta, quod plus credo traditioni patriæ meæ...»
[244]: L'Église de Rome était fortement intéressée à supprimer les écrits d'un ennemi, qui avait pourtant laissé dans la mémoire des peuples une si grande réputation de sainteté. Aussi la plupart des livres de saint Colomban ont péri. Quelques-uns se trouvaient encore au XVIe siècle à Besançon et à Bobbio, d'où ils furent, dit-on, portés aux bibliothèques de Rome et de Milan.
[245]: Bibl. max. PP. XII, p. 2. La base de la discipline est l'obéissance absolue jusqu'à la mort. «Obedientia usque ad quem modum definitur? Usque ad mortem certe, quia Christus usque ad mortem obedivit Patri pro nobis.»—Quelle est la mesure de la prière? «Est vera orandi traditio, ut possibilitas ad hoc destinati sine fastidio voti prævaleat.» Celui qui perd l'hostie aura pour punition un an de pénitence.—Qui la laisse manger aux vers, six mois.—Qui laisse le pain consacré devenir rouge, vingt jours.—Qui le jette dans l'eau par mépris, quarante jours.—Qui le vomit par faiblesse d'estomac, vingt jours;—par maladie, dix jours.—Six coups, douze coups, douze psaumes à réciter, etc., pour celui qui n'aura pas répondu amen au bénédicité, qui aura parlé en mangeant, qui n'aura pas fait le signe de la croix sur sa cuiller (qui non signaverit cochlear quo lambit), ou sur la lanterne allumée par un plus jeune frère.—Cent coups à celui qui fait un ouvrage à part.—Dix coups à celui qui a frappé la table de son couteau ou qui a répandu de la bière.—Cinquante à celui qui ne s'est pas courbé pour prier, qui n'a pas bien chanté, qui a toussé en entonnant les psaumes, qui a souri pendant l'oraison ou qui s'amuse à conter des histoires.—Celui qui raconte un péché déjà expié sera mis au pain et à l'eau pour un jour (pour que l'on ne réveille pas en soi les tentations passées?).—«Si quis monachus dormierit in una domo cum muliere, duos dies in pane et aqua; si nescivit quod non debet unum diem.—Castitas vera monachi in cogitationibus judicatur... et quid prodest virgo corpore, si non sit virgo mente?»
[246]: Pour se dispenser de suivre Colomban en Italie, saint Gall prétendait avoir la fièvre... «Ille vero existimans eum pro laboribus ibi consummandis amore loci detentum, viæ longioris detractare laborem, dicit ei: Scio, frater, jam tibi onerosum esse tantis pro me laboribus fatigari; tamen hoc dicessurus denuntio, ne, vivente me in corpore, missam celebrare præsumas.»—Un ours vint servir saint Gall dans sa solitude, et lui apporter du bois pour entretenir son feu. Saint Gall lui donna un pain: «Hoc pacto montes et colles circumpositos habeto communes.» Poétique symbole de l'alliance de l'homme et de la nature vivante dans la solitude.
[247]: Les Bollandistes disent très-bien qu'il y a entre la règle de saint Colomban et celle de saint Benoît la même différence qu'entre les règles des franciscains et des dominicains. C'est l'opposition de la loi et de la grâce. L'ordre de Saint-Benoît devait prévaloir: 1o sur le RATIONALISME des pélagiens; 2o sur le MYSTICISME de saint Colomban.
[248]: «In infantia Sigiberti omnes Austrasii, cum eligerent Chrodinum majorem domus... Ille respuens... Tunc Gogonem eligunt.» Greg. Tur., Epitom., c. LVIII. Ann. 628. Defuncto Gondoaldo..., Dagobertus rex Erconaldum, virum illustrem, in majorem domus statuit...»—656. «Defuncto Erconaldo..., Franci, in incertum vacillantes, præfinito consilio Ebruino hujus honoris altitudine majorem domo in aula regis statuunt» (Dagobert était mort et ils avaient élu pour roi Clotaire III). Gesta Reg. Fr. c. XLII, XLV.—626. «Clotarius II... cum proceribus et leudis Burgundiæ Trecassis conjungitur, cum eos sollicitasset, si vellent, mortuo jam Warnachario, alium in ejus honoris gradum sublimare. Sed omnes, unanimiter denegantes, se nequaquam velle majorem domus eligere, regisgratiam obnixe petentes cum rege transigere...» Fredegar., c. LIV, ap. Scr. Fr., II, 435.—641. «Flaochatus, genere Francus, Major domus in regnum Burgundiæ, electione pontificum et cunctorum ducum, a Nantichilde regina in hunc gradum honoris nobiliter stabilitur.» Id., c. LXXXIX, ibid., 447.—M. Pertz, dans son ouvrage intitulé: Geschichte der Merowingischen Hausmeier (1819), a réuni tous les noms par lesquels on désignait les maires du palais:—Major domus regiæ, domus regalis, domus, domus palatii, domus in palatio, palatii, in aula. Senior domus.—Princeps domus.—Princeps palatii.—Præpositus palatii.—Præfectus domus regiæ.—Præfectus palatii.—Præfectus aulæ.—Rector palatii.—Nutritor et bajulus regis? (Fred., c. LXXXVI.)—Rector aulæ, imo totius regni.—Gubernator palatii.—Moderator palatii.—Dux palatii, Custos palatii et Tutor regni.—Subregulus. Ainsi le maire devint presque le roi, et réciproquement gouverner le royaume s'exprima par gouverner le palais.—Bathilda regina, quæ cum Chlotario, filio Francorum, regebat palatium.»