[249]: La querelle de saint Léger et d'Ébroin enveloppait aussi une querelle nationale, une haine de villes. Saint Léger, évêque d'Autun, avait pour lui l'évêque de Lyon, et contre lui les évêques de Valence et de Châlons. Ces deux villes faisaient ainsi la guerre à leurs rivales, les deux capitales de la Bourgogne.—Lorsque saint Léger se fut livré volontairement à ses ennemis, Autun n'en fut pas moins obligé de se racheter. Ils voulaient chasser aussi l'évêque de Lyon, mais les Lyonnais s'armèrent pour le défendre. Les villes prennent évidemment part active à la querelle.

[250]: Grégoire de Tours.—Basine a le don de seconde vue, comme la Brunhild de l'Edda. Comme Brunhild, elle se livre au plus vaillant.

[251]: Fredegarius, ap. Scr. Rer. Fr. II, 414: «Optaveram et ego ut mihi succumberet talis dicendi facundia, ut vel paululum esset ad instar. Sed rarius hauritur, ubi non est perennitas aquæ. Mundus jam senescit, ideoque prudentiæ acumen in nobis epescit, nec quisquam potest hujus temporis, nec præsumit oratoribus præcedentibus esse consimilis.»

[252]: Un roi d'Irlande, nommé Cormac, écrivit en 260 de Triadibus et quelques triades sont restées dans la tradition irlandaise sous le nom de Fingal. Les Irlandais marchaient au combat trois par trois; les highlanders d'Écosse, sur trois de profondeur. Nous avons déjà parlé de la trimarkisia.—Au souper, dit Giraldus Cambrensis, les Gallois servent un panier de végétaux devant chaque triade de convives; ils ne se mettent jamais deux à deux (Logan, the Scotish Gaël).

[253]: Vie de saint Colomban.

[254]: Acta SS. ord. S. S. Ben., sæc. II.—Dans une vie de saint Arnoul, par un certain Umno, qui prétend écrire par ordre de Charlemagne, il est dit: «Carolus... cui fuerat trivatus Arnolfus.—... regem Chlotarium, cujus filiam, Bhlithildem nomine, Ansbertus, vir aquitanicus præpotens divitiis et genere, in matrimonium accepit, de qua Burtgisum genuit, patrem B. hujus Arnulfi.»—Et plus loin: «Natus est B. Arnulfus aquitanico patre; suevia matre in castro Lacensi (à Lay, diocèse de Tulle), in comitatu Calvimontensi.»

[255]: V. Lefebvre, Disquisit., et Valois, Rerum. Fr. lib. VIII et XVII. On trouve dans l'ancienne vie de saint Ferréol: «Sanctus Ferreolus, natione Narbonensis a nobilissimis parentibus originem duxit; hujus genitor Anspertus, ex magno senatorum genere prosapiam nobilitatis deducens, accepit Chlotarii, regis Francorum, filiam, vocabulo Blitil.»—Le moine Ægidius, dans ses additions à l'histoire des évêques d'Utrecht, composée par l'abbé Harigère, dit que Bodegisile ou Boggis, fils d'Anspert, possédait cinq duchés en Aquitaine. D'après cette généalogie, les guerres de Charles Martel et d'Eudes, de Pepin et d'Hunald, auraient été des guerres de parents.

[256]: V. l'importante charte de 845 (Hist. du Lang., I, preuves, p. 85, et notes, p. 688. L'authenticité en a été contestée par M. Rabanis). Les ducs d'Aquitaine, Boggis et Bertrand, épousèrent les Ostrasiennes Ode et Bhigberte. Eudes, fils de Boggis, épousa l'Ostrasienne Waltrude. Ces mariages donnèrent occasion à saint Hubert, frère d'Eudes, de s'établir en Ostrasie, sous la protection de Pepin, et d'y fonder l'évêché de Liége.

[257]: La maison Carlovingienne donne trois évêques de Metz en un siècle et demi, Arnulf, Chrodulf et Drogon. Les évêques étant souvent mariés avant d'entrer dans les ordres, transmettaient sans peine leur siége à leurs fils ou petits-fils. Ainsi les Apollinaires prétendaient héréditairement à l'évêché de Clermont. Grégoire de Tours dit, au sujet d'un homme qui voulait le supplanter: «Il ne savait pas, le misérable, qu'excepté cinq, tous les évêques qui avaient occupé le siége de Tours étaient alliés de parenté à notre famille.» (L. V, c. L. ap. Scr. Fr. II, 264.)

[258]: À en croire quelques auteurs, la France, à cette époque eût pensé devenir païenne.—Bonifac., Epist. 32, ann. 742: «Franci enim, ut seniores dicunt, plus quam per tempus LXXX annorum synodum non fecerunt, nec archiepiscopum habuerunt, nec Ecclesiæ canonica jura alicubi fundabant vel renovabant.»—Hincmar., epist. 6, c. XIX. «Tempore Caroli principis... in Germanicis et Belgicis ac Gallicanis provinciis omnis religio Christianitatis pene fuit abolita, ita ut... multi jam in orientalibus regionibus idola adorarent, et sine baptismo manerent.»