[259]: En 725, ils prirent Carcassonne, reçurent Nîmes à composition, et détruisirent Autun. En 731, ils brûlèrent l'église de Saint-Hilaire de Poitiers.
[260]: Selon Paul Diacre (l. IV), les Sarrasins perdirent trois cent soixante-quinze mille hommes.—Isidore de Béjà a raconté cette guerre vingt-deux ans après la bataille, dans un latin barbare. Une partie de son récit est en rimes, ou plutôt en assonances. (On retrouve l'assonance dans la chanson des habitants de Modène, composée vers 924):
Abdirraman multitudine repletam
Sui exercitus prospiciens terram,
Montana Vaseorum disecans,
Et fretosa et plana percalcans,
Trans Francorum intus experditat...
(Isidor. Pacensis, ap. Scr. Rer. Fr. II, 721.)
[261]: Chronic. Virdun., ap. Scr. Fr., III, 364. «Tanta enim profusione thesaurus totius ærarii publici dilapidatus est, tanta dedit militibus, quos soldarios vocari mos obtinuit (soldarii, soldurii? on a vu que les dévoués de l'Aquitaine s'appelaient ainsi)..., ut non ei suffecerit thesaurus regni, non deprædatio urbium..... non exspoliatio ecclesarium et monasteriorum, non tributa provinciaram. Ausus est etiam, ubi hæc defecerunt, terras ecclesiarum diripere, et eas commilitonibus illis tradere, etc.»—Frodoard, l. II, c. XII: «Quand Charles Martel eut défait ses ennemis, il chassa de son siége le pieux Rigobert, son parrain, qui l'avait tenu sur les saints fonts de baptême, et donna l'évêché de Reims à un nommé Milon, simple tonsuré qui l'avait suivi à la guerre. Ce Charles Martel, né du concubinage d'une esclave, comme on le lit dans les Annales des rois Francs, plus audacieux que tous les rois ses prédécesseurs, donna non-seulement l'évêché de Reims, mais encore beaucoup d'autres du royaume de France, à des laïques et à des comtes; en sorte qu'il ôta tout pouvoir aux évêques sur les biens et les affaires de l'Église. Mais tous les maux qu'il avait faits à ce saint personnage et aux autres Églises de Jésus-Christ, par un juste jugement, le Seigneur les fit retomber sur sa tête; car on lit dans les écrits des Pères, que saint Euchère, jadis évêque d'Orléans, dont le corps est déposé au monastère de Saint-Trudon, s'étant mis un jour en prière, et absorbé dans la méditation des choses célestes, fut ravi dans l'autre vie; et là, par révélation du Seigneur, vit Charles tourmenté au plus bas des enfers. Comme il en demandait la cause à l'ange qui le conduisait, celui-ci répondit que, par la sentence des saints qui, au futur jugement, tiendront la balance avec le Seigneur, il était condamné aux peines éternelles pour avoir envahi leurs biens. De retour en ce monde, saint Euchère s'empressa de raconter ce qu'il avait vu à saint Boniface, que le saint-siége avait délégué en France pour y rétablir la discipline canonique, et à Fulrad, abbé de Saint-Denis et premier chapelain du roi Pepin, leur donnant pour preuve de la vérité de ce qu'il rapportait sur Charles Martel, que, s'ils allaient à son tombeau, ils n'y trouveraient point son corps. En effet, ceux-ci étant allés au lieu de la sépulture de Charles, et ayant ouvert son tombeau, il en sortit un serpent, et le tombeau fut trouvé vide et noirci comme si le feu y avait pris.»
[262]: Acta SS. ord. S. Ben., sæc. III. Le Pape Zacharie écrit à Boniface: «Provincia in qua natus et nutritus es, quam et in gentem Anglorum et Saxonum in Britannia insula primi prædicatores ab apostolica sede missi, Augustinus, Laurentius, Justus et Honorius, novissime vero tuis temporibus Theodorus, ex græco latinus, arte philosophus et Athenis eruditus, Romæ ordinatus, pallio sublimatus, ad Britanniam præfatam transmissus, judicabat et gubernabat...»—Ce Théodore, moine grec de Tarse en Cilicie, avait été envoyé pour remplir le siége de Kenterbury, par le pape Vitalien; il était fort savant en astronomie, en musique, en métrique, en langues grecque et latine; il apporta un Homère et un saint Chrysostome. Il était conduit par Adrien, moine napolitain, né en Afrique, non moins savant, et qui avait été deux fois en France. (Usque hodie supersunt de eorum discipulis, qui latinam græcamque linguam æque ut propriam norunt.) Sous eux, le moine northumbrien Benedict Biscop fit venir des artistes de France, et bâtit dans le Northumberland le monastère de Weremouth, selon l'architecture romaine; les murs étaient ornés de peintures achetées à Rome et de vitres apportées de France. Un maître chanteur avait été appelé de Saint-Pierre de Rome. (Beda, Hist. abbat. Wiremuth.)—Théodore et Adrien eurent pour élèves Alcuin et Aldhelm, parent du roi Ina, le premier Saxon qui ait écrit en latin, selon Camden; il chantait lui-même ses Cantiones Saxonicæ dans les rues, à la populace. Guill. Malmesbury le qualifie: «Ex acumine Græcorum, ex nitore Romanum, ex pompa Anglum.» (Warton, Diss. on the introd. of learning into England, I, CXXII.)
[263]: Bonifac., Epist. 105: «Decrevimus in nostro synodali conventu et confessi sumus fidem catholicam, et unitatem, et subjectionem Romanæ Ecclesiæ, fine tenus vitæ nostræ, velle servare: sancto Petro et vicario ejus velle subjici... Metropolitanos pallia ab illa sede quærere: et per omnia, præcepta Petri canonice sequi desiderare, ut inter oves sibi commendatas numeremur.»
[264]: Le pape écrit à Boniface: «Talia nobis a te referuntur, quasi nos corruptores simus canonum et Patrum rescindere traditiones studeamus: ac per hoc (quod absit) cum nostris clericis in simoniacam hæresim incidamus, expetentes et accipientes ab illis præmia, quibus tribuimus pallia. Sed hortamur, carissime frater, ut nobis deinceps tale aliquid minime scribas...» Acta SS. ord. S. Ben., sæc. III, 75.
[265]: Saint Boniface écrit au pape Zacharie: «Maximus mihi labor fuit adversus duos hæreticos pessimos.... unus qui dicitur Adelbert, natione Gallus, alter qui dicitur Clemens, genere Scotus.—Fecit quoque (Adelbert) cruciculas et oratoriola in campis, et ad fontes...; ungulas quoque et capillos dedit ad honorificandum te portandum cum reliquiis S. Petri, principis apostolorum.» Epist. 135.
[266]: C'était comme le pontife-roi à Rome, le calife à Bagdad dans la décadence, ou le daïmo au Japon.