A neuf heures, il se rendait près des secrétaires d’État, dictait un grand nombre de lettres[101].

[101] Plusieurs fort confidentielles, indiquent ses brouilleries avec son père Hyder-Ali. Ces lettres fort courtes, et bien différentes sans doute de celles d’un Européen, n’en sont que plus curieuses. Select Letters of Tippoo, tr. by Kirkpatrick, 1811, in-4o (avec des autographes).

Puis, il se mettait au balcon pour voir ses éléphants, ses tigres dressés pour la chasse, que l’on promenait avec leurs manteaux d’or[102].

[102] Il avait pris le tigre pour emblème, comme l’animal le plus fort dans l’Inde. Ces tigres étaient promenés par la ville avec de petits capuchons ; aux moindres choses qui les eussent effrayés, on les leur rabattait sur les yeux.

Après déjeuner, assis sur un sopha, il recevait ceux qui désiraient audience. Un officier lisait des requêtes, auxquelles il répondait sur-le-champ. Pendant cette audience, trente ou quarante secrétaires écrivaient assis le long du mur. Des courriers arrivaient, déposaient les dépêches aux mains d’un secrétaire qui les lisait, et Tippoo dictait les réponses, les signait, les scellait. Les grands vassaux avaient leurs ministres près de lui.

De trois à cinq heures, il se retirait, restait dans ses appartements.

A cinq heures, au balcon, il voyait défiler ses troupes, et des secrétaires écrivaient (des notes relatives à la guerre ?).

A six heures et demie, c’était le repos, l’apparition de la cour, les bayadères, même certaines comédies.

Dans cette vie si active, une seule chose manque, celle qui tient tant de place et de temps chez les Anglais, je parle du repas, avec ses continuations de boisson et d’ivresse, prolongée dans la nuit.

Tippoo n’eut qu’un défaut, l’orgueil, la haine et le mépris des idolâtres, chrétiens et indiens brahmaniques. Il renversait les temples de ceux-ci. Et quant aux musulmans, il les mécontenta, les alarma eux-mêmes. A l’époque où le Mogol était prisonnier d’un rebelle, Tippoo prit le titre de padishaw (empereur). Aussi lorsqu’en 97 il s’adressa au sultan musulman de Caboul, celui-ci ne se joignit pas à lui et resta à part.