[42] Considérations, p. 11.

Il ajoute audacieusement : « Vous ferez les mêmes œuvres que le Réparateur, et même de plus grandes. » Car il n’agissait que par sa puissance, et depuis qu’il est remonté vers son Père, vous pouvez agir par sa puissance, et par celle de l’Esprit (du Saint-Esprit). — Il reconnaît trois âges, trois lois, dont la troisième sera la plus grande (c’est la doctrine de Joachim de Flore, vers 1200[43]).

[43] L’Homme du désir, ch. CXLVII, p. 219.

Dans ses Considérations sur la Révolution, 1796, il prend parti pour la Révolution, et surtout contre le clergé. La Providence se mêle visiblement de la Révolution, qui ira à son terme. N’avons-nous pas vu les opprimés reprendre leurs droits, usurpés sur eux par l’injustice ? L’époque actuelle est la crise de toutes les puissances humaines, qui expirent et se débattent contre une puissance neuve, naturelle et vive. C’est une guerre sacrée, quoique le mot religion soit effacé.

« L’homme a été fait pour être la prière de la Terre. Il doit secourir Dieu en s’unissant à son action. Son plus beau droit (p. 79), c’est d’exposer la douleur de la terre à l’éternelle Sagesse, dont l’œil trop pur ne les apercevrait pas ; c’est d’émouvoir le cœur de cette Providence et d’en faire descendre le baume régénérateur. »

Ce qui revient à dire : « Dieu est trop pur pour voir nos honteuses misères, et les secourir. Il faut que l’homme lui aide. »

Dieu souffre de ne pas être aidé[44].

[44] L’Homme du désir, ch. LXXXIX.

« Nous pouvons faire, pour le Sauveur, que le séjour du tombeau lui soit moins amer !… »

L’âme tendre de Saint-Martin le mène loin dans cette voie étrange. C’est Dieu qui prie la créature humaine et veut entrer en elle. Il adresse à Dieu ces paroles : « Tu sollicites l’entrée dans le cœur humain comme si c’était toi qui eusses besoin de lui. »