Toute la prévoyance de ses agents se réduit à demander l’expulsion de Stein qui se réfugie en Russie, où il trouvera un champ plus vaste, plus ténébreux, à exploiter.

Transporté sur ce théâtre, en vrai politique, il alterna ses moyens.

Avec Arndt et les rationalistes allemands, il organisa le Tugendbund que répandit le Poméranien Jahn, association désavouée par le roi, mais qui travaillait pour lui.

D’autre part, Stein trouvant dans le Nord les illuminés, se lia avec eux et se mit sous la protection de l’impératrice mère[93].

[93] Hard., t. IX, p. 463.

Pendant qu’en Prusse, l’éducation du jeune homme devient pour l’avenir une puissante machine de guerre, dans la ténébreuse Russie, la réaction prépare une machine non moins redoutable.

L’impératrice mère qui tous les ans s’enfermait au tombeau de Paul et restait toujours fort troublée de ce souvenir, imagina comme bonne œuvre et pour tranquilliser sa conscience de créer un institut de cinq cents jeunes filles, qui, élevées pieusement et bientôt femmes et mères, répandraient les bons principes anti-français dans la société. Ceux qui savent combien la femme est puissante en Russie, comprendront bien la portée de ce grand instrument de réaction[94].

[94] Je mets tout ceci à sa date, en 1807, et non après l’affaire d’Espagne (Baylen), comme l’a fait M. Lanfrey.

LIVRE IV
OCCUPATION DE ROME, DE LISBONNE, DE MADRID (1808)

CHAPITRE PREMIER
OCCUPATION DE ROME. — MARS (1808)