[28] Ceci s'expliquera plus tard. Il faut se garder des additions pédantesques des modernes du dix-septième siècle. Les ornements que les sots donnent à une chose si terrible font Satan à leur image.
[29] Le rayon luit dans l'Immortalité, la Foi nouvelle, de Dumesnil; Terre et Ciel, de Reynaud, Henri Martin, etc.
[30] Albert-le-Grand, Roger Bacon, Arnaud de Villeneuve (qui trouve l'eau-de-vie).
[31] On imputa la lèpre aux Croisades, à l'Asie. L'Europe l'avait en elle-même. La guerre que le Moyen-âge déclara et à la chair, et à la propreté, devait porter son fruit. Plus d'une sainte est vantée pour ne s'être jamais lavé même les mains. Et combien moins le reste! La nudité d'un moment eût été grand péché. Les mondains suivent fidèlement ces leçons du monachisme. Cette société subtile et raffinée, qui immole le mariage et ne semble animée que de la poésie de l'adultère, elle garde sur ce point si innocent un singulier scrupule. Elle craint toute purification comme une souillure. Nul bain pendant mille ans! Soyez sûr que pas un de ces chevaliers, de ces belles si éthérées, les Parceval, les Tristan, les Iseult, ne se lavaient jamais. De là, un cruel accident, si peu poétique, en plein roman, les furieuses démangeaisons du treizième siècle.
[32] C'est le nom poli, craintif, qu'on donnait aux sorcières.
[33] L'ingratitude des hommes est cruelle à observer. Mille autres plantes sont venues. La mode a fait prévaloir cent végétaux exotiques. Et ces pauvres Consolantes qui nous ont sauvés alors, on a oublié leur bienfait?—Au reste, qui se souvient? qui reconnaît les obligations antiques de l'humanité pour la nature innocente? L'Asclepias acida, Sarcostemma (la plante-chair), qui fut pendant cinq mille ans l'hostie de l'Asie, et son dieu palpable, qui donna à cinq cents millions d'hommes le bonheur de manger leur dieu, cette plante que le Moyen-âge appela le Dompte-Venin (Vince-venenum), elle n'a pas un mot d'histoire dans nos livres de botanique. Qui sait? dans deux mille ans d'ici, ils oublieront le froment. Voy. Langlois, sur la soma de l'Inde, et le hom de la Perse. Mém. de l'Ac. des Inscriptions, XIX, 326.
[34] Dict. d'hist. nat. de M. d'Orbigny, article Morelles de M. Duchartre, d'après Dunal, etc.
[35] Je n'ai trouvé cette échelle nulle part. Elle est d'autant plus importante, que les sorcières qui firent ces essais, au risque de passer pour empoisonneuses, commencèrent certainement par les plus faibles et allèrent peu à peu aux plus fortes. Chaque degré de force donne ainsi une date relative, et permet d'établir dans ce sujet obscur une sorte de chronologie. Je compléterai aux chapitres suivants, en parlant de la Mandragore et du Datura.—J'ai suivi surtout: Pouchet, Solanées et Botanique générale. M. Pouchet, dans son importante monographie, n'a pas dédaigné de profiter des anciens auteurs, Matthiole, Porta, Gessner, Sauvages, Gmelin, etc.
[36] Voir la planche d'un excellent livre, lisible aux demoiselles même, le Cours de M. Auzoux.
[37] Mme La Chapelle et M. Chaussier ont fort utilement renouvelé ces pratiques de la vieille médecine populaire. (Pouchet, Solanées, p. 64.)