Ils sont heureux, ils disparaissent. La nuit complaisante survient. Les étoiles malicieuses cherchent en vain Floriora.
Au jour, elle fait venir un char, un coursier rapide, «si rapide que son ombre ne peut le suivre.» Assise avec son amant, elle glisse, brillante et triomphante, sur les longues plaines qui suivent les Karpathes.
«Mais quand les montagnes la virent assise à côté de l’étranger, elles desséchèrent les feuilles de leurs forêts, troublèrent le cristal de leurs sources, étouffèrent la voix de leurs oiseaux.
«Et lorsque les fleurs aperçurent leur jeune reine à côté de l’étranger, elles penchèrent tristement leurs fronts, elles se couvrirent de larmes, elles tremblèrent, comme avant l’orage, et dépérirent en un clin d’œil.». . . . . . . . . . . .
Dès lors Floriora devient languissante elle-même. Elle pleure. Elle écoute en vain son amant chanter ses doinas. Rien ne peut rassurer son cœur... Bientôt apparaît au ciel un noir orage: «Le voilà! s’écrie-t-elle, le voilà! le génie de mort qui va m’enlever... Dieu l’envoie... Depuis que je t’aime, les montagnes ont pleuré; les fleurs des plaines sont allées au ciel se plaindre de mon abandon.»
[13]. Ces mots sont littéralement italiens: sai quando versavi lagrime.
[14]. En italien: ti sringeva in braccia... ou plus correctement fra le braccia.