Qui plus que vous a le droit, le devoir, de s'entourer de lumières sur un tel intérêt, de s'initier complètement aux destinées de la Patrie?


Femmes qui lisez ce livre, ne laissez pas votre attention distraite aux anecdotes variées de ces biographies. Regardez sérieusement les premières pages et les dernières.

Dans les premières, que voyez-vous?

La sensibilité, le cœur, la sympathie pour les misères du genre humain, vous lança en 89 dans la Révolution. Vous eûtes pitié du monde, et vous vous élevâtes à ce point d'immoler la famille même.

La fin du livre, quelle est-elle?

La sensibilité encore, la pitié et l'horreur du sang, l'amour inquiet de la famille, contribuèrent plus qu'aucune autre chose à vous jeter dans la réaction.

L'horreur du sang. Et la Terreur blanche, en 95, en 1815, en versa plus par les assassinats que 93 par les échafauds.

L'amour de la famille. Pour vos fils en effet, pour leur vie et pour leur salut, vous reniâtes la pensée de 92, la délivrance du monde. Vous cherchâtes abri sous la force. Vos fils, que devinrent-ils? quelque enfant que je fusse alors, ma mémoire est fidèle: jusqu'en 1815, n'étiez-vous pas toutes en deuil?

Le cœur vous trompa-t-il en 89, alors qu'il embrassa le monde? L'avenir dira non.—Mais, qu'il vous ait trompées dans la réaction de cette époque, lorsque vous immolâtes le monde à la famille pour voir ensuite décimer la famille et l'Europe semée des os de vos enfants, rien de plus sûr: le passé vous l'a dit.