Le nouveau emporte le vieux,
L'ombre est chassée par la clarté,
le jour met en fuite la nuit..
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À genoux! et dis: Amen!...
Assez mangé d'herbe et de foin...
Laisse les vieilles choses... Et va!...
Filles de la longue paix qui traîne depuis 1815, connaissez bien votre situation.
Voyez-vous là-bas tous ces nuages noirs qui commencent à crever? Et, sous vos pieds, entendez-vous ces craquements du sol, ces grondements de volcans souterrains, ces gémissements de la nature?...
Ah! cette lourde paix qui fut pour vous un temps de langueur et de rêves, elle fut pour des peuples entiers le cauchemar de l'écrasement. Elle finit... Je connais votre cœur, remerciez-en Dieu qui lève le pesant sceau de plomb sous lequel le monde haletait.
Ce bien-être où languissait votre mollesse, il fallait qu'il finît. Pour ne parler que d'un péril, qui ne voyait venir la barbare rapacité du Nord, la fascination russe, la ruse byzantine poussant vers l'Occident la férocité du Cosaque?
Oubliez, oubliez que vous fûtes les filles de la paix. Vous voilà tout à l'heure dans la haute et difficile situation de vos mères aux jours des grands combats. Comment soutinrent-elles ces épreuves? Il est temps pour vous de le demander.
Elles n'acceptèrent pas seulement le sacrifice, elles l'aimèrent, elles allèrent au-devant.
La fortune, la nécessité, qui croyaient leur faire peur, et venaient à elles, les mains pleines de glaives, les trouvèrent fortes et souriantes, sans plainte molle, sans injure à la mort.
Le destin tenta davantage. Il frappa ce qu'elles aimaient... Et là encore il les trouva plus grandes, et disant sous leurs crêpes: «La mort!... mais la mort immortelle!»