Pour la propreté, la chaleur, pour la grâce élégante, le nid est supérieur de tout point au wigwam de l'indien, à la case du nègre, qui souvent, en Afrique, n'est qu'un baobab creusé par le temps.

Le nègre n'a pas encore trouvé la porte; sa maison reste ouverte. Contre l'invasion nocturne des bêtes, il en obstrue l'entrée d'épines.

L'oiseau non plus ne sait fermer son nid. Quelle sera sa défense? Grande et terrible question.

Il fait l'entrée étroite et tortueuse. S'il choisit un nid naturel, comme fait la sistelle, au creux d'un arbre, il en rétrécit l'ouverture par un habile maçonnage. Plusieurs, comme le fournier, bâtissent un nid double en deux appartements: dans l'alcôve couve la mère; au vestibule veille le père, sentinelle attentive, pour repousser l'invasion.

Que d'ennemis à craindre! serpents, hommes ou singes, écureuils! Et que dis-je? les oiseaux eux-mêmes. Ce peuple aussi a ses voleurs. Les voisins aident parfois le faible à recouvrer son bien, à chasser par la force l'injuste usurpateur. On assure que les freux (espèces de corneilles) poussent plus loin l'esprit de justice. Ils ne pardonnent pas au jeune couple qui, pour être plus tôt en ménage, vole les matériaux, le mobilier d'un autre nid. Ils (Page ) se mettent huit ou dix ensemble pour mettre en pièces le nid coupable, détruisent de fond en comble cette maison de vol. Et les voleurs punis s'en vont bâtir au loin, forcés de tout recommencer.

N'est-ce pas là une idée de la propriété et du droit sacré du travail?

Où en trouver les garanties, et comment assurer un commencement d'ordre public? Il est curieux de savoir comment les oiseaux ont résolu la question.

Deux solutions se présentaient: la première était l'association, l'organisation d'un gouvernement qui concentrât la force, et de la réunion des faibles fît une puissance défensive. La seconde (mais miraculeuse? impossible? imaginative?) aurait été la réalisation de la ville aérienne d'Aristophane, la construction d'une demeure gardée, par sa légèreté, des lourds brigands de l'air, inaccessible aux approches des brigands de la terre, au chasseur, au serpent.

Ces deux choses, l'une difficile, l'autre qui semble impossible, l'oiseau les a réalisées.

L'association d'abord et le gouvernement. La monarchie est l'essai inférieur. De même que les singes ont un roi qui conduit chaque bande, plusieurs espèces d'oiseaux, dans les dangers surtout, paraissent suivre un chef.