Voilà donc qu'en moins d'un mois, le plus nerveux des artistes, le plus craintif et le plus défiant des êtres, s'est réconcilié avec l'espèce humaine.
Preuve curieuse de l'union naturelle, du traité préexistant qui est entre nous et ces êtres instinctifs, que nous appelons inférieurs.
Ce traité, ce pacte éternel, que notre brutalité, nos inintelligences violentes n'ont pas pu déchirer encore, auquel ces pauvres petits reviennent si facilement, auquel nous reviendrons nous-mêmes, (Page ) lorsque nous serons vraiment hommes, c'est justement la conclusion où tout ce livre tendait et celle que j'allais écrire, quand le rossignol est entré, et le père au rossignol.
L'oiseau a été lui-même, dans cette amnistie facile qu'il nous donne à nous, ses tyrans, ma conclusion vivante.
Les voyageurs qui les premiers ont abordé dans des pays nouveaux où l'homme n'était jamais venu, rapportent unanimement que tous les animaux, mammifères, amphibies, oiseaux, ne fuyaient point, au contraire venaient plutôt les regarder avec un air de curiosité bienveillante, à quoi ils répondaient à coups de fusil.
Même aujourd'hui que l'homme les a si cruellement traités, les animaux, dans leurs périls, n'hésitent nullement à se rapprocher de lui.
L'ennemi antique et naturel de l'oiseau, c'est le serpent: pour les quadrupèdes, c'est le tigre. Et leur protecteur, c'est l'homme.
Du plus loin que le chien sauvage odore le tigre ou le lion, il vient se serrer près de nous.