De même l'oiseau, dans l'horreur que lui inspire (Page ) le serpent, quand il menace surtout sa couvée encore sans ailes, trouve le langage le plus expressif pour implorer l'homme, et pour le remercier s'il tue son ennemi.
Voilà pourquoi le colibri aime à nicher près de l'homme. Et c'est très-probablement pour le même motif que les hirondelles et les cigognes, dans les âges féconds en reptiles, ont pris l'habitude de loger chez nous.
Observation essentielle. On prend souvent pour défiance la fuite de l'oiseau et la crainte qu'il a de la main de l'homme. Cette crainte ne serait que trop juste. Mais lors même qu'elle n'existe pas, l'oiseau est un être infiniment nerveux, délicat, qui souffre à être touché.
Mon rouge-gorge, qui appartient à une espèce d'oiseau très-robuste et très-familière, qui approche sans cesse de nous, le plus près qu'il peut, et qui certes n'a aucune crainte de sa maîtresse, frémit de tomber sous la main. Le frôlement de ses plumes, le dérangement de son duvet, tout hérissé quand on l'a pris, lui est très-antipathique. La vue surtout de cette main qui avance et va le saisir, le (Page ) fait reculer instinctivement et sans qu'il en soit le maître.
Quand il s'attarde le soir, qu'il ne rentre pas dans sa cage, il ne refuse pas d'y être remis; mais plutôt que de se voir prendre, il tourne le dos, se cache dans un rideau ou dans un pli de la robe où il sait bien qu'on va le prendre infailliblement.
Tout cela n'est pas défiance.
L'art de la domestication n'irait pas loin, s'il n'était préoccupé que des utilités dont les animaux apprivoisés seront à l'homme.
Il doit sortir principalement de la considération de l'utilité dont l'homme peut être aux animaux;