De son devoir d'initier tous les hôtes de ce globe à une société plus douce, pacifique et supérieure.


Dans la barbarie où nous sommes encore, nous ne connaissons guère que deux états pour l'animal, (Page ) la liberté absolue ou l'esclavage absolu; mais il est des formes très-variées de demi-servage que les animaux d'eux-mêmes acceptent très-volontiers.

Le petit faucon du Chili (cernicula), par exemple, aime à demeurer chez son maître. Il va tout seul à la chasse, et, fidèle, revient chaque soir rapporter ce qu'il a pris et le manger en famille. Il a besoin d'être loué du père, flatté de la dame, caressé surtout des enfants.


L'homme, protégé jadis par les animaux, tant qu'il était si mal armé, s'est mis peu à peu en état de devenir leur protecteur, surtout depuis qu'il a la poudre et qu'il foudroie à distance les plus redoutés des êtres. Il a rendu aux oiseaux le service essentiel de diminuer infiniment le nombre des brigands de l'air.


Il peut leur en rendre un autre, non moins grand, celui d'abriter, la nuit, les espèces innocentes. La nuit! le sommeil! l'abandon complet aux chances les plus affreuses! Ô dureté de la Nature!... Mais elle s'est justifiée en mettant aussi ici-bas l'être prévoyant et industrieux qui, de plus (Page ) en plus, sera pour les autres une seconde providence.

Je sais une maison sur l'Indre, dit Toussenel, où les serres, ouvertes le soir, reçoivent tout honnête oiseau qui vient y chercher asile contre les dangers de la nuit, où celui qui s'est attardé frappe du bec en confiance. Contents d'être enfermés la nuit, sûrs de la loyauté de l'homme, ils s'envolent heureux au matin, et payent son hospitalité du spectacle de leur joie et de leurs libres chansons.