En effet, le prélude du quadrille se faisait entendre.

—Il manque un vis-à-vis! fit une voix.

—Voilà! répondirent Athalie et son cavalier.

Et ils se mirent, immédiatement, à la chaîne anglaise déjà commencée. Bengali saisit vivement la main de femme tendue vers lui et sursauta tout bouleversé; cette main qu'il avait prise en enchaînant, et qu'il ne tenait déjà plus, c'était celle de Georgette; et la jeune fille, qui n'avait pas regardé son vis-à-vis dans cette évolution machinale, avait présenté sa main au danseur suivant, et quand, la figure achevée, notre amoureux se retrouva à sa place, il s'aperçut qu'il avait pour vis-à-vis Georgette, tout en blanc comme une mariée et un bouquet à la ceinture, Georgette qui ne le voyait pas encore, occupée qu'elle était de répondre avec sa gaîté ordinaire à son cavalier, un très joli garçon, fort empressé auprès d'elle.

Le quadrille étant croise, c'est-à-dire doublé par des danseurs placés aux côtés latéraux et alternant, à chaque même figure, avec ceux du premier quadrille, Bengali ne quittait pas Georgette des yeux, au grand étonnement d'Athalie.

Tout à coup, il poussa un cri de douleur.

—Faites donc attention, monsieur, dit-il, vous m'avez écrasé le pied.

—Rangez vos pieds, répondit brusquement le monsieur, de la même voix remarquée par Bengali.

Nouvelle stupéfaction de celui-ci; c'était Marocain dansant avec une femme d'une hauteur invraisemblable, et d'une maigreur équivalente.

—Oh! madame Blanquette! fit Athalie en se retournant vivement.