—Non, monsieur.
—Des fiancés!
—Avant de se fiancer, il faut se connaître mieux que par quelques rencontres dans la rue et quelques paroles échangées. Ces rencontres et ces paroles m'ont montré (bien à tort, je veux le croire) le coureur d'aventures....
—Oh! mademoiselle....
—N'ai-je pas fait mes réserves? dit Georgette en souriant; Bengali voulut parler:—Laissez-moi achever, dit-elle, et elle poursuivit:—Quand nous serons fiancés, c'est que nous connaîtrons bien nos caractères; alors....
Bengali l'interrompit:
—Mais... fiancés... on l'est quand on s'est promis de s'épouser, et, quant à moi, je vous fais cette promesse.
—Moi, répondit Georgette, j'attendrai pour vous faire la mienne.
—Qu'attendrez-vous? vous êtes orpheline, libre.
—J'attendrai que la demande de ma main ait été adressée à ma marraine qui me tient lieu de famille; cette demande, vous la lui ferez adresser par votre seule parente, cette tante dont vous m'avez parlé, après quoi on me consultera et, alors seulement, j'accepterai peut-être vos visites, en présence de ma marraine.