—Dans l'art et non ailleurs, répondit Paul Buck, et il alluma sa pipe et parla d'autres choses.


[XV]

Eusèbe comprenait qu'il ne comprenait pas. Les divagations du peintre parmi lesquelles se trouvaient de bonnes et belles vérités, n'étaient pas assez simples pour pénétrer dans son esprit. Il se trouvait humilié de ne pas saisir le sens de certaines phrases, de certains mots. Paul Buck, qui avait plutôt besoin d'un auditoire que d'un adepte, ne se donnait pas la peine d'expliquer à son provincial ami les singularités qui ornaient l'exposition de ses théories.

Ce langage inintelligible pour celui qui l'écoutait, peut-être plus encore peur celui qui le tenait, donnait peu d'attrait aux heures qu'Eusèbe venait dépenser dans l'atelier de Paul. Le peintre s'en aperçut et conduisit le provincial dans un estaminet peuplé d'artistes, de modèles, de femmes et de désœuvrés, pensant qu'il trouverait à se distraire parmi ses camarades.

Mais là on parlait un langage encore plus incompréhensible pour le jeune homme que ne l'était celui de Paul. C'étaient—comment dire cela pour ne pas rester longtemps dans ce mauvais lieu—c'étaient des dissertations touchant l'esthétique dans les arts, entremêlées d'argot et de réflexions philosophiques.

Eusèbe accompagna son ami deux ou trois fois. Il aurait indubitablement fini par entendre la langue hétéroclite des compagnons de Paul et se serait habitué à fréquenter l'artistique café, si le hasard ne lui eût trouvé une autre occupation qui le préserva de cet immense danger. Il quitta Scylla pour tomber dans Capoue.