—Pardon, mon cher Lansade.

—C'est vrai, dit Bonnaud, monsieur est tout rêveur.

—Eusèbe, s'écria Buck, ces messieurs disent vrai. Tu as quelque chose que tu nous caches. Es-tu malheureux? as-tu le mal du pays, mon pauvre faon, et le macadam te donne-t-il envie de revoir tes prés? Ces tilleuls taillés en artichauds te font désirer tes arbres à châtaignes, et la bonbonnière du bon Lansade vient de parler à ton cœur du pigeonnier paternel; est-ce cela?

—Non.

—Alors, tu as laissé assise sur les bords de la Vienne une jeune bergère qui brode des bretelles en attendant ton retour?

Lansade éclata de rire. Lui et son compère avaient bu fort peu, mais cependant plus qu'à l'ordinaire.

—Oh! oh! M. Buck, dit-il, que diable nous chantez-vous là? Chez nous, on ne porte pas de bretelles, et quand on en porterait, les bergères ne savent pas broder. D'ailleurs, quand elles sauraient, où et comment achèteraient-elles de la soie?

—Alors, qu'Eusèbe nous jure sa parole d'honneur qu'il n'est pas amoureux, et je le laisserai en paix.

—Je ne jure jamais.

—Alors, avoue que tu l'es, petit malheureux.