—Madame m'avait défendu de recevoir personne.

—Je vous le permets maintenant.

—Madame est bien bonne.

—Un militaire est toujours un honnête garçon, ajouta la maîtresse pour motiver sa concession.

—Madame peut être sûre que c'est pour le bon motif.

—Ça m'est égal. Préparez le déjeuner tout de suite, et pas de bruit.

Adéonne revint dans son boudoir. Une glace sur les genoux, elle se mit à peigner ses longs cheveux. Lorsqu'elle leur eut donné les contours qu'elle désirait, elle se regarda une dernière fois dans la glace et resta pensive le visage appuyé sur sa main. Deux ou trois fois elle se leva comme pour entrer dans sa chambre; une fois même, ses doigts effilés saisirent le bouton de la porte, mais elle revint s'asseoir.

Un léger bruit la fit tressaillir. Elle prêta une oreille attentive: les mouvements précipités de sa poitrine soulevaient le satin de sa robe, une pâleur mortelle se répandit sur son visage. Eusèbe entr'ouvrit la porte.

En apercevant Adéonne, le jeune homme resta immobile.