L'hôpital n'est pas une maison bourgeoise. Le médecin qui y professe y est appelé par l'humanité et non par la famille.
Les malades qui y souffrent, y souffrent gratuitement.
L'humanité, après tout, n'est que l'humanité; elle fait en gros ce que chacun de ses membres fait en détail; elle ne fait rien pour rien.
Au dix-neuvième siècle elle ouvre ses nombreuses maladreries «à tout venant mal attigé».
—Entrez, entrez, dit-elle, vous serez logés, nourris, blanchis, chauffés, éclairés, purgés, saignés, opérés, cautérisés, amputés, inhumés pour rien, pour rien! On ne vous demande même pas de trousseaux, pas de certificat de vaccination, au contraire; pas de certificat de bonne vie, au contraire; mais il est bien entendu que si vous n'êtes pas des lépreux vulgaires, des cloquets insignifiants ardés par la fièvre quartaine ou le feu Saint-Antoine, si vous êtes de vrais souffreteux couverts de maux étranges, inconnus, terribles, épouvantements chers aux praticiens, en ce cas vous serez raisonnables pour vous soumettre à l'analyse avant et à l'autopsie après.
Comme on le voit, c'est pour rien, en effet, et l'humanité n'est vraiment pas exigeante en réclamant en son nom de si légers sacrifices.
Eh bien! il y a des malades égoïstes qui font des façons. Ah! c'est que les enfants de l'humanité sont bien difficiles à contenter.
Les rédacteurs du journal en question sont des fils de l'humanité. Comment veulent-ils, de bonne foi, qu'un professeur enseigne l'art de guérir un mal s'il n'en recherche pas la cause?
Va-t-il dire à de jeunes étudiants venus de tous les coins du monde pour surprendre les secrets de la science: