Puis viennent les pièces rares.

Là, ce sont deux saphirs gros comme des noix.

Là, c'est un diamant noir presque aussi gros à lui tout seul que les douze perles qui l'entourent.

Là, c'est un collier fait de quinze émeraudes dont on pourrait faire quinze tabatières, insuffisantes sans doute pour M. Hyacinthe du Palais-Royal, mais trop grandes à coup sûr pour le nez de mademoiselle D.

—Voici, s'écrie l'un des marchands, une véritable occasion, un des plus beaux bijoux anciens qui soient connus. C'est un collier qui a appartenu à madame la princesse de Guémenée; monture, diamants, tout est ancien. Le prince Troïsetoiloff en a refusé 75,000 francs, il y a plus de vingt ans.

Le collier passe de mains en mains, on regarde avec attention, les loupes s'en donnent à cœur joie. L'indécision, le doute se peignent sur quelques visages et le collier arrive jusqu'à Michel; Michel est le grand juge. Il prend l'objet, le soupèse, le regarde d'un air indifférent, et dit:

—Les deux brillants sont anciens; deux viennent, avec leur monture, de la comtesse de Préjean; les deux autres, plus beaux encore, ont fait partie d'un collier qui a été volé à Venise, en 1804, à madame Morosini.

Ce collier a appartenu plus tard à lady Temple, dont le mari l'acheta à Candaar, à Isaac Lieven, votre grand-père, monsieur Lion. Lady Temple l'a légué à sa fille, Madame de X..., qui le vendit trois jours après son mariage.

Quant au saphir du milieu, il vient de la vente de mademoiselle Schneider. Tout le reste est neuf, monture et brillants, et arrive tout droit de Hambourg.