Du reste, c'est assez soigné, et les 75,000 francs demandés me paraissent un prix convenable.

L'affaire est jugée.

Aussi extraordinaire que cela puisse paraître, il y a dans le monde cinq ou six individus qui connaissent tous les diamants de valeur, tous les bijoux d'importance qui existent, et qui les reconnaissent après trente ans, ne les eussent-ils vus qu'une seconde, avec autant de sûreté qu'un tailleur reconnaît à trente pas un client qui a oublié de le payer.

Quant un vol est commis chez un grand bijoutier, ce qui arrive assez souvent, à Paris, à Vienne, à Londres et à Pétersbourg, si, parmi les objets volés, il se trouve quelque pierre ayant une valeur au-dessus de la moyenne, le volé ne désespère pas de retrouver son voleur, ce qui ne manque jamais d'arriver dans un laps de temps plus ou moins éloigné.

Malheureusement, le tout est tellement disséminé, qu'il faudrait de longues années pour suivre toutes les pistes, et des années plus longues encore se passeraient en d'interminables et douteux procès.

Mais, à propos de diamants, il y a souvent, très souvent l'intervention de la femme de chambre.

On a déjà beaucoup parlé de ce type de Marton. Petites comédies, petits romans, petits procès, on a montré cette confidente telle qu'elle est, menteuse, flatteuse, paresseuse. L'a-t-on fait voir aussi voleuse?

Je ne le crois pas.—Tout à l'heure j'y reviendrai. Cependant laissez-moi faire une parenthèse sur les domestiques.

Dans les hôtels un peu chic, il existe encore, de nos jours, un Suisse, le Suisse.

Ah! le Suisse est un personnage important; c'est qu'il joint à la connaissance du secret des maîtres celle des secrets des autres domestiques.