En trois ans, Louis d'Avyl écrivit quatre pièces: Madame de Régis, qu'on jouera demain à la Renaissance, les Rebelles, empêchés par la catastrophe du Châtelet; Madeleine, un grand drame, et enfin le Dernier Gascon.
Entre chaque acte, d'Avyl, qui n'est pas millionnaire, envoyait à la République Française des articles fort remarqués, entre autres une série de portraits véritablement remarquables. Je me rappelle parmi plusieurs celui de M. Grégory Ganesco, qui débutait par un véritable éclat de rire.
Il débutait ainsi:
«M. Grégory Ganesco était un phanariote qui écumait le lac d'Enghien.»
Il faut savoir que M. Ganesco voulait être membre du conseil général et bien connaître les bords du lac d'Enghien, pour comprendre ce que ces deux lignes renferment de fine raillerie parisienne.
Pendant le siège de Paris, d'Avyl regarda sa pauvre maisonnette comme on regarde un ami qu'on ne doit plus revoir, et il rentra dans Paris.
Tous ses amis étaient au pouvoir; jamais occasion plus heureuse ne devait se présenter.
Doué d'une éloquence entraînante et d'un biceps respectable, d'Avyl, qui possède un courage éprouvé, pouvait prétendre à tout.
Persuadé de cette vérité, un beau matin, il prit le chemin de l'Hôtel-de-Ville, et il arriva tout droit à la tranchée, où il resta, le brave garçon, jusqu'à la fin du siège.