Il note les passages importants, les mots à effets et les points d'orgue.

Il ne faut pas croire qu'il applaudisse machinalement et sans art; sa mission est des plus délicates.

Tantôt il suffit d'un bravo murmuré, un battement de mains gâterait tout. C'est,—en termes de coulisses,—le chatouilleur.

D'autres fois, il faut un éclat de rire convaincu; c'est lui qui le pousse; fait par un de ses hommes, cet éclat de rire serait commun, peut-être choquant.

D'autres fois encore, il faut entraîner la salle, et ce n'est pas facile; il faut la pousser petit à petit dans la voie de l'admiration, et ne l'y lancer que lorsqu'elle est suffisamment entraînée. Un zèle mal calculé peut indisposer le public et faire tomber la pièce.

Un bon chef de claque a pour principe d'entraîner le public tout d'abord, mais de le suivre ensuite, l'exciter toujours, ne le forcer jamais.

C'est d'autant mieux compris, que le public qui entend applaudir frénétiquement une mauvaise chose, devient féroce.

Maintenant, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, la vérité me force de dire qu'on ne paye ni le chef de claque ni les claqueurs. Ce qui va paraître plus extraordinaire encore, c'est que ce sont eux qui payent.

La place de chef de claque s'achète.