Ce promeneur solitaire s'appelle François de Bourbon, roi de Naples; l'amazone, c'est la belle et touchante héroïne de Gaëte.

Dans un quartier plus mondain, non loin de l'hôtel de la reine d'Espagne, un autre roi est venu s'installer; c'est le roi de Hanovre, dont la vie deviendra une légende. On sait que ce prince a perdu la vue depuis bien longtemps; mais ce n'est pas lui qu'on pourrait qualifier de monarque aveugle, il avait vu avant tout le monde les desseins de la Prusse et il voulut lutter.

Ne trouvez-vous pas qu'il y a quelque chose de bien consolant pour les cœurs français, de voir ces rois déchus choisir Paris de préférence à toutes les capitales d'Europe pour y fixer leur séjour.

Ce Paris qui guillotine ses rois, qui les chasse en hurlant, sans respect pour leur âge ou pour la gloire du passé.

Ce Paris, la terre classique des barricades, ce Paris de la Ligue, de la Fronde, des massacres et du pétrole; ce Paris de toutes les audaces et de tous les crimes, leur semble encore, malgré tout, le seul endroit du monde où ils pourront vivre dans la paix et dans la liberté.

Ainsi, la France, qui a perdu tant de choses, a conservé aux yeux même des rois, dont elle a la première ébranlé les trônes, un respect inaltérable de la loi la plus sainte, la loi de l'hospitalité.

Dieu sauve la France!


LES PETITS OISEAUX