Ainsi voilà bien des années que les bons esprits font une croisade en faveur des petits oiseaux, sans obtenir de grands résultats.
Après la promulgation de la loi Grammont, il s'est fondé une société protectrice des animaux; son siège est à Paris, son influence partout, grâce à des efforts persévérants. Tout les pays du monde profitent des enseignements que leur prodiguent les hommes éminents qui sont à sa tête, un seul reste rétif:
C'est la France.
Il faut en rire, tant c'est triste!
La société a répété sur tous les tons:
«Grâce pour les petits oiseaux; outre qu'il est cruel et odieux de tuer ou de blesser ces infiniment petits, leur mort cause un véritable préjudice. Ils vivent d'insectes qui détruisent les récoltes. Chaque petit oiseau qui tombe emporte avec lui dix livres de pain et dix litres de vin que mangeront les vers.»
C'est concluant pourtant. Eh bien, non, on continue à détruire ces pauvres petits protecteurs, et l'on se plaint de la misère.
Jusqu'ici on s'était contenté de les tuer, de les manger; les fusils, les lacets, les cages, la glue allaient leur train; mais il paraît que ce n'était pas suffisant.
Maintenant, tenez, c'est à ne pas y croire: maintenant on les exporte!