M. de Latour-Villiers revint à terre tout songeur.

—Tout cela est bel et bien, pensait-il souvent, mais quand le soleil est couché ou qu'il n'est pas encore levé, ou quand le ciel est nuageux, comment peut-on bien faire pour savoir d'où vient le vent?

Il mourut encore jeune et véritablement bien à plaindre; que fallait-il à ce galant homme pour être heureux? Bien peu de chose: une girouette.

Ne trouvez-vous pas que notre chère France est dans ce moment dans la situation de cet infortuné gentilhomme?

On y a beau se remuer, prendre des airs capables, parler, hurler, brailler, écrire—qui plus est—personne ne sait au juste d'où vient le vent.

Peut-être qu'en France il n'y a plus de vent; car ce ne sont pas les girouettes qui manquent.

On prétend souvent qu'il faudrait à Paris un journal comme le Times de Londres, c'est-à-dire une feuille qui, sans aucun parti pris, soit toujours à la tête de l'opinion publique.

Je ne sais si, en d'autres temps, le journal eût été facile à faire, mais ce dont je suis assuré, c'est, qu'au nôtre, il est impossible.

Il n'y a plus d'opinion publique et s'il y en a une, ce que je nie, elle n'a pas de tête.