— Et la clef ?

— Je l’ai.

— Il vous l’a donc rendue ?

— Oh ! non, il a fait comme c’est l’habitude chez nous. Le dernier qui sort ferme la porte à clef, met la clef sur le rebord de la fenêtre, au coin, et pousse simplement les volets. Il ne les accroche pas. On le sait, on n’a qu’à ouvrir les volets et à prendre la clef.

Pas une carte postale !

Qui la préviendra s’il arrive malheur au Paul ? Va-t-elle, comme on dit, apprendre sa mort avant sa maladie ? Comment finira cette brouille ? Après ses vingt-huit jours, le Paul se remettra-t-il à la petite table de Ragotte, oublieux et affamé comme s’il revenait d’une guerre lointaine ? C’est possible, mais il a une tête !

Les quatre semaines passées, il est de retour et il ne vient pas la voir ; c’était pourtant une bonne occasion !

Ragotte sait que, parti enrhumé, il a fait les manœuvres enrhumé et qu’il rentre avec son rhume.

Elle avait dit : « Oh ! je n’irai pas laver son linge des vingt-huit jours ! S’il me le donne, je le laverai de bon cœur, mais s’il attend que j’aille chercher le linge !… »

Et comme il ne l’apporte pas, elle va le prendre. Elle trouve le Paul au lit, la figure contre le mur.