Il pisse.
Bientôt paraissent le meunier, l’aubergiste, et Gagnard, et Fernet, qui se hâtent différemment, selon le besoin.
On croirait qu’ils se sont donné rendez-vous.
Mais non. Ils se lèvent ainsi au milieu des pures nuits d’été. Ils laissent un instant les femmes libres chez elles, et préfèrent pour eux la nature.
Ils se reconnaissent avec plaisir et échangent des paroles rares, d’une sonorité qui les étonne. Ils se gardent de plaisanter ou de songer à mal. Avant d’aller se recoucher, ils s’attendent. Rien ne les presse. Ils aiment peu le lit.
— Le fermier est donc mort, qu’il ne vient pas ?
Jérôme, le plus vieux du village, s’avance appuyé sur une canne. Sa fille a beau lui dire :
— Papa, vous vous enrhumerez ; mettez votre culotte, au moins.
Il s’obstine et périrait plutôt que de s’abandonner à la mollesse.
Les autres lui crient un bonsoir familier.