A quoi bon ?
Elle sait que Joseph est là-bas, au cimetière. Elle profite du dimanche pour aller le voir. Elle ne prie pas. Elle aime mieux pleurer. Elle lui parle à voix haute et elle lui dit, pour qu’il entende :
— Oh ! pauvre petit Joseph, tu étais si bon pour moi !
Elle viendra prochainement à côté de lui, mais elle n’espère pas le retrouver plus tard au ciel.
Y a-t-il seulement un ciel ?
Est-ce que Mme Gloriette, si savante, croit au ciel ?
Puisque madame n’y croit pas, comment Ragotte y croirait-elle ?
Il n’y a point de ciel ; il y a, dans le cimetière, le corps du petit Joseph, et il y a, dans l’armoire de Ragotte, le linge qu’il a laissé, et qu’elle déplie et replie (oh ! que c’est dur !), en criant de chagrin.
Elle résume ainsi sa vie, hochant la tête :
— J’ai enduré bien du mal !