— A cause de son nez, je le reconnaîtrais entre cent cochons.
Philippe a le nez un peu déformé.
En ménage.
— Moi aussi, madame Gloriette, j’étais ambitieuse ! J’ai voulu longtemps mettre des chaussettes à mes petits. Ils possédaient tous trois chacun leur paire. Je la lavais le soir, pour la faire sécher la nuit, et j’en coiffais les chenets. Un matin, j’ai retrouvé les chaussettes mangées par les grillons. Je me suis rendu compte, ce jour-là, que mes petits marcheraient aussi bien pieds nus.
— Quand un petit commence à pouvoir rester assis sur ses fesses, madame, ça prouve qu’il n’a pas le cul trop rond.
Philippe ne lui donne jamais un sou. Il fait sa vie de son côté, elle fait la sienne du sien. Loin de se plaindre, elle blâme certaines femmes :
— Il y en a, dit-elle, qui gardent le porte-monnaie et qui ne remettent de l’argent à leur homme que vingt sous par vingt sous. Moi, je ne pourrais pas.
Toutefois, elle pense qu’à la rigueur la femme peut vivre sur son homme, et même le mari sur sa femme : c’est compagne et compagnon ! Mais un père et une mère ne doivent pas rester à la charge de leurs enfants. Dès qu’elle ne pourra plus, aidée de son principal ou seule, faire sa vie, elle voudra mourir.
— Dans un ménage, dit-elle, quand il pleut sur l’un, il fait mou sur l’autre.
Ce qui veut dire que, si l’un gagne des sous, l’autre en profite.