M. Lepic tire du fourreau vert la carabine et demande:
--Lequel des deux la portera le premier? Il semble que ce doit être l'aîné.
Grand frère Félix: Je cède l'honneur à Poil de Carotte. Qu'il commence!
Monsieur Lepic: Félix, tu te conduis gentiment, ce matin. Je m'en souviendrai.
M. Lepic installe la carabine sur l'épaule de Poil de Carotte.
Monsieur Lepic: Allez, mes enfants, amusez-vous sans vous disputer.
Poil de Carotte: Emmène-t-on le chien?
Monsieur Lepic: Inutile. Vous ferez le chien chacun à votre tour. D'ailleurs, des chasseurs comme vous ne blessent pas: ils tuent raide.
Poil de Carotte et grand frère Félix s'éloignent. Leur costume simple est celui de tous les jours. Ils regrettent de n'avoir pas de bottes, mais M. Lepic leur déclare souvent que le vrai chasseur les méprise. La culotte de vrai chasseur traîne sur les talons. Il ne retrousse jamais. Il marche ainsi dans la patouille, les terres labourées, et des bottes se forment bientôt, montent jusqu'aux genoux, solides, naturelles, que la servante a la consigne de respecter.
--Je pense que tu ne reviendras pas bredouille, dit grand frère Félix.