—Monsieur, me dit le sorcier en m'attirant à lui, voulez-vous le grand ou le petit jeu?»

Je sens que si je demande le petit jeu il me prédira le suicide, l'hôpital, la poésie, rien que des malheurs; je demande le grand.

«Quinze centimes en plus.»

Je donne mes vingt-cinq centimes.

«Payez-vous un verre de vin?»

Je suis sur la pente de la lâcheté. Il me demanderait une chopine, j'irais de la chopine, je roulerais même jusqu'au litre.

On apporte des verres.

«À la vôtre!»

Il boit, s'essuie les lèvres, renfonce son chapeau et commence:

«Vous avez l'air pauvre, vous êtes mal mis, votre figure ne plaît pas à tout le monde; une personne qui vous veut du mal se trouvera sur votre chemin, ceux qui vous voudront du bien en seront empêchés, mais vous triompherez de tous ces obstacles à l'aide d'une troisième personne qui arrivera au moment où vous vous y attendrez le moins. Il faudrait pour connaître son nom, regarder dans le jeu des sorciers. C'est cinq sous pour tout savoir.»