On me répond qu'on verra quand je serai revenu.

J'ai pleuré de tristesse et de colère; j'oublie la bataille perdue pour ne voir que ma situation pénible et fausse.

J'écris et supplie encore.

On envoie cinquante francs, en répétant que tout sera réglé dès que j'aurai remis le pied au foyer paternel.

Il faut s'humilier—demander à Alexandrine d'intercéder auprès de son père et de faire accepter la convention.

«Ce n'est rien, dit-elle, et elle me console et m'engage à partir vite pour revenir plus tôt—vous me retrouverez comme autrefois, ajoute-t-elle doucement.»

Je l'ai remerciée, mais je donnerais mon bras malade pour ces cent francs!

Enfin, c'est fait.

Elle m'a dit adieu dans un coin. Je tenais la tête baissée et j'avais comme de la boue dans le coeur.

J'ai pris le train, les troisièmes. Mon épaule se gèle dans ces wagons ouverts au vent. Je ne puis plus lever mon bras; il est comme mort quand j'arrive.