«Allons, jeune homme, quittons-nous! Je ne veux pas avoir été si longtemps servile pour être compromis en un quart d'heure par vos éclats de voix. Vous n'avez pas de femme à nourrir, vous, ni de famille à élever.»
Il y a peut-être de l'héroïsme à faire ce qu'il fait! Il a écrasé son orgueil et étouffé ses idées pour donner du pain aux siens!
Comme il coûte cher, ce pain!…
Celui que mon père me donne est cher aussi.
On me tient comme un prisonnier et on me traite comme un mendiant!
Je ne puis pas même me lever de table quand j'ai fini la part qu'on m'a donnée. Un jour mon père m'a dit:
«C'est impoli de partir ainsi, on ne va pas digérer si vite!»
Il faut à tout prix que je trouve une besogne à faire.
J'y mets du courage. Je m'adresse à d'anciens camarades, en leur demandant s'ils n'ont pas des parents, des amis, grands ou petits, à qui je pourrais donner des leçons.
Ils rient!—Il y a trop peu de temps que j'ai été élève, que je faisais des farces avec eux et que je blaguais le latin! L'un d'eux, cependant, me présente, à la fin, à son père, qui me déniche une répétition. Ils ont été séduits par le bon marché.