Je ne fais pas l'affaire décidément.
On me met à la porte après treize jours et on prend un gamin de douze ans, qui n'a pas une voix de trombone et qui ne se donne pas de torticolis à dévisager les auteurs.
J'ai été tellement ridicule avec ma timidité, mes rougeurs, mes explosions de voix, ce torticolis, que je n'ose pas passer de deux mois dans la rue Coq-Héron. J'ai bien débuté dans les imprimeries!
AUX 100 000 PALETOTS
Il vient de me venir une chance! J'ai un protecteur.
C'est le gérant des «100 000 paletots»: la grande maison de confection de Nantes. Il habille un de mes anciens camarades de classe; ce camarade m'écrit:
«Va voir M. Guyard des "100 000 paletots", il est à Paris pour ses achats, tu le trouveras passage du Grand-Cerf, à la maison-mère. Il y a un paletot en fer-blanc et de grandes affiches devant la porte. Il peut t'être utile pour le journalisme.»
Je me rends passage du Grand-Cerf.
Voilà le paletot en fer-blanc et les grandes affiches.
Je rôde devant le magasin, n'osant entrer.