Régler les conditions, oui! Mais trouver les armes, non. Nous n'avons pas le sou.
Il faut de l'argent pour louer des pistolets et aller se battre dans la campagne.
Ce ne sera que pour lundi. On pourra mettre au clou, lundi; mais on n'engage pas, le dimanche.
Collinet, notre condisciple de Nantes, l'étudiant en médecine qui doit assister en cette qualité à la rencontre, possède une chaîne et une montre d'or. On lui prêtera bien quatre-vingt francs là-dessus. Avec ce que j'ai, ce sera assez pour notre part.
Legrand a besoin aussi de vingt-quatre heures pour trouver ce qu'il lui faut.
À quelle heure ouvrent les clous?
«À neuf heures.
—Rendez-vous à dix au Café des Variétés, pour être près de
Caron, l'armurier chez qui on louera les armes.
—Entendu.»
La journée du dimanche a été inondée de soleil. Je me rappelle qu'il dorait l'absinthe sur les tables du café en plein air, où nous étions assis; parfois un peu de vent faisait scintiller et frémir comme de la moire verte le feuillage des arbres qui étaient sur le boulevard Montparnasse, devant le cabaret de la mère Boche; il faisait bon vivre.