Les insistances ont triomphé de mon refus d'entrer au tir.
Legrand et les siens en sortaient; on s'est salué comme des étrangers.
Un mannequin de tôle dont l'habit de métal est moucheté de taches blanches se tient debout contre le mur.
Je compte les taches sur l'habit.
«Onze?
—Oui, répond celui qui charge les pistolets. M. Legrand tire bien. Il n'a perdu qu'un coup.»
On débarbouille l'homme de tôle et l'on me passe l'arme. J'épuise ma douzaine de balles. Une seule a porté.
Mes cornacs ont l'air consterné, font presque la moue. Ils voudraient que leur sujet fût plus adroit.
Nous nous sommes quittés à dix heures du soir.
«Couchez-vous de bonne heure, m'a dit quelqu'un qui prétend s'y connaître. Vous aurez comme cela le sang plus calme, la main plus sûre.»