Et il me passe la main sur le dos, ce qui me dégoûte et me gêne.
«Et Maclou, le protestant, qu'est-ce que vous en faites? dit une voix.
—Il est maintenant au lac de Saint-Front.
—Avec le tas! C'est là qu'ils ont fait leur nid.
—Nid de vipères», siffle la tête de serpent.
Il y a donc des protestants! J'ai lu ce qu'on en dit dans la bibliothèque de Chaudeyrolles, et les protestants qu'on a brûlés, qu'on envoie en enfer, me semblent une race de damnés.
Je vais un jour jusqu'au lac Saint-Front, tout seul. C'est un grand voyage. Je pense tout le long du chemin à la Saint-Barthélemy, et je vois des croix rouges sur le ciel bleu.
Voici le lac avec une ou deux barques dans les roseaux, des cabanes perdues dans des champs tout autour.
On m'a dit d'aller vers la hutte à gauche, chez Jean Robanès; je n'ai qu'à dire que je suis le neveu du curé, on m'offrira du lait et on me montrera les protestants.
On m'accueille bien; «et quant aux protestants, me dit l'homme, il y en a un qui est justement là-bas, debout dans le sillon.»