—Je n'ai pas soif.

—Mais, moi, j'ai soif.—Jacques a soif aussi. As-tu soif?»

C'est la riposte joyeuse au trait de la veille; il y met de la malice, pas de méchanceté, le vin l'a rendu bon.

«Et vous, madame?» fait-il en tendant un verre et la bouteille.

Il n'y a pas moyen de se fâcher. Ma mère ne s'y frotte pas et sent que le terrain lui manque. Elle dit sans trop de mauvaise humeur:

«Je monte sur le pont. Tu me rejoindras quand tu auras fini.
Jacques, viens avec moi.

—Non, il reste avec nous! Nous allons jouer une partie de dominos, il fera le troisième

Faire le troisième, à côté des sous-officiers, sur la même table; écarter les bouteilles pour placer mon jeu, avec les garçons qui me demandent pardon quand ils me heurtent en passant! Je ne me tiens pas d'orgueil, et c'est moi, moi le fouetté, le battu, le_ sanglé_, qui suis là, écartant les jambes, ôtant ma cravate, pouvant rire tout haut et salir mes manches!

La partie de dominos est finie.

«Jacques, va dire à ta mère que nous montons.»