Tout d'un coup ses fils apparaissaient à la fenêtre en se tordant comme des singes et en rugissant comme des chacals.
Oui, les coups qu'on me donne sont des caresses à côté de ceux que
M. Bergougnard distribue à sa famille.
M. Bergougnard ne se contente pas de battre son fils pour son bien,—le bien de Bonaventure ou de Barnabé,—et pour son plaisir à lui Bergougnard.
Il n'est pas égoïste et personnel,—il est dévoué à une cause, c'est à l'humanité qu'il s'adresse, en relevant d'une main la chemise de Bonaventure, en faisant signe de l'autre aux savants qu'il va exercer son système.
Il donne une fessée comme il tire un coup de canon, et il est content quand Bonaventure pousse des cris à faire peur à une locomotive.
Il aurait apporté aux rostres le derrière saignant de son fils; en Turquie, il l'eût planté comme une tête au bout d'une pique, et enfoncé à la grille devant le palais.
Je ne suis qu'un isolé, un déclassé, un inutile,—je ne sers à rien,—on me bat, je ne sais pas pourquoi, tandis que Bonaventure est un exemple et entre à reculons, mais profondément dans la philosophie.
Je ne plains pas Bonaventure.
Bonaventure est très laid, très bête, très méchant. Il bat les petits comme son père le bat, il les fait pleurer et il rit. Il a coupé une fois la queue d'un chat avec un rasoir et on la voyait dégoutter comme un bâton de cire à la bougie; il faisait mine de cacheter les lettres avec les gouttes de sang.
Une autre fois, il a plumé un oiseau vivant.