—Aussi, reprit le capitaine, je ne veux pas que cette petite fortune qu'ils étaient venus chercher si loin, ils la perdent. Non! rien ne sera changé à mes dispositions, et ils seront riches… s'ils revoient jamais l'Angleterre!»

Il eût été difficile de ne pas être ému de l'accent avec lequel
Hatteras prononça ces paroles.

«Mais, capitaine, dit Johnson en essayant de plaisanter, on dirait que vous faites votre testament.

—Peut-être, répondit gravement Hatteras.

—Cependant, vous avez devant vous une belle et longue existence de gloire, reprit le vieux marin.

—Qui sait?» fit Hatteras.

Ces mots furent suivis d'un assez long silence. Le docteur n'osait interpréter le sens de ces dernières paroles.

Mais Hatteras se fit bientôt comprendre, car d'une voix précipitée, qu'il contenait à peine, il reprit:

«Mes amis, écoutez-moi. Nous avons fait beaucoup jusqu'ici, et cependant il reste beaucoup à faire.»

Les compagnons du capitaine se regardèrent avec un profond étonnement.