—Prends garde, Pen; il a des dents à briser une barre de fer!
—S'il bouge, je l'éventre,» répliqua Pen, en prenant son couteau d'une main.
Et il s'élança dans l'entre-pont, suivi de Waren, qui voulut l'aider dans son entreprise.
Bientôt ils revinrent tous les deux, portant l'animal dans leurs bras, le museau et les pattes fortement attachés; ils l'avaient surpris pendant son sommeil, et le malheureux chien ne pouvait parvenir à leur échapper.
«Hurrah pour Pen! s'écria Plover.
—Et maintenant, qu'en vas-tu faire? demanda Clifton.
—Le noyer, et s'il en revient jamais…» répliqua Pen avec un affreux sourire de satisfaction.
Il y avait à deux cents pas du navire un trou de phoques, sorte de crevasse circulaire faite avec les dents de cet amphibie, et toujours creusée de l'intérieur à l'extérieur; c'est par là que le phoque vient respirer à la surface de la glace; mais il doit prendre soin d'empêcher celle-ci de se refermer à l'orifice, car la disposition de sa mâchoire ne lui permet pas de refaire ce trou de l'extérieur à l'intérieur, et au moment du danger, il ne pourrait échapper à ses ennemis.
Pen et Waren se dirigèrent vers cette crevasse, et là, malgré ses efforts énergiques, le chien fut impitoyablement précipité dans la mer; un énorme glaçon repoussé ensuite sur cette ouverture ferma toute issue à l'animal, ainsi muré dans sa prison liquide.
«Bon voyage, capitaine!» s'écria le brutal matelot.