— J'ai souvent réfléchi à l'utilité d'avoir une communication avec le dehors autrement que par le tunnel sous-marin… On ne sait ce qui peut arriver dans l'avenir…

— Mais ces parois sont si épaisses et d'une substance si dure… fait observer Ker Karraje.

— Avec quelques grains de l'explosif Roch, répond l'ingénieur Serkö, je me charge de réduire la roche en si fine poussière qu'il n'y aura plus qu'à souffler dessus!»

On comprend de quel intérêt devait être pour moi ce sujet de conversation.

Voici qu'il était question d'ouvrir une communication, autre que le tunnel, entre l'intérieur et l'extérieur de Back-Cup… Qui sait s'il ne se présenterait pas quelque chance?…

Or, au moment où je me faisais cette réflexion, Ker Karraje répondait:

«C'est entendu, Serkö, et s'il était nécessaire un jour de défendre Back-Cup, empêcher qu'aucun navire pût en approcher… Il faudrait, il est vrai, que notre retraite eut été découverte, soit par hasard… soit par suite d'une dénonciation…

— Nous n'avons à craindre, répond l'ingénieur Serkö, ni hasard ni dénonciation…

— De la part d'un de nos compagnons, non, sans doute, mais de la part de ce Simon Hart…

— Lui! s'écrie l'ingénieur Serkö. C'est qu'alors il serait parvenu à s'échapper… et l'on ne s'échappe pas de Back-Cup!… D'ailleurs, je l'avoue, ce brave homme m'intéresse… C'est un collègue, après tout, et j'ai toujours le soupçon qu'il en sait plus qu'il ne dit sur l'invention de Thomas Roch… Je le chapitrerai de telle sorte que nous finirons par nous entendre, par causer physique, mécanique, balistique, comme une paire d'amis…