Blotti de mon mieux derrière la base rocheuse du pilier, je prête une oreille attentive…
Ces voix, je les reconnais. Ce sont celles de Ker Karraje et de l'ingénieur Serkö. Ces deux hommes se sont arrêtés et causent en anglais, — langue qui est généralement employée à Back-Cup. Il me sera donc possible de comprendre ce qu'ils disent.
Précisément, il est question de Thomas Roch, ou plutôt de son
Fulgurateur.
«Dans huit jours, dit Ker Karraje, je compte prendre la mer avec l'Ebba, et je rapporterai les diverses pièces, qui doivent être achevées dans l'usine de la Virginie…
— Et lorsqu'elles seront en notre possession, répond l'ingénieur Serkö, je m'occuperai d'en opérer ici le montage et d'établir les châssis de lancement. Mais, auparavant, il est nécessaire de procéder à un travail qui me paraît indispensable…
— Et qui consistera?… demande Ker Karraje.
— À percer la paroi de l'îlot.
— La percer?…
— Oh! rien qu'un couloir assez étroit pour ne donner passage qu'à un seul homme, une sorte de boyau facile à obstruer, et dont l'orifice extérieur sera dissimulé au milieu des roches.
— À quoi bon, Serkö?…