J'arrive ainsi devant l'orifice du couloir…
Dieu puissant!… Personne n'est de garde en cet endroit… Le passage est libre…
Sans prendre le temps de raisonner, je m'élance à travers l'obscur boyau… J'en longe les parois en tâtonnant… Bientôt, un air plus frais me baigne le visage, — l'air salin, l'air de la mer, cet air que je n'ai pas respiré depuis cinq longs mois… cet air vivifiant que je hume à pleins poumons…
L'autre extrémité du couloir se découpe sur un ciel pointillé d'étoiles. Aucune ombre ne l'obstrue… et peut-être vais-je pouvoir sortir de Back-Cup…
Après m'être couché à plat ventre, je rampe lentement, sans bruit.
Parvenu près de l'orifice que ma tête dépasse, je regarde…
Personne… personne!
En rasant la base de l'îlot vers l'est, du côté que les récifs rendent inabordable et qui ne doit pas être surveillé, j'atteins une étroite excavation — à deux cents mètres environ de l'endroit où la pointe du littoral s'avance vers le nord-ouest.
Enfin… je suis hors de cette caverne, — non pas libre, mais c'est un commencement de liberté.
Sur la pointe se détache la silhouette de quelques veilleurs immobiles que l'on pourrait confondre avec les roches.